JULES-CÉSAR – Anne-Dauphine JULLIAND – Roman


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Jules-César

C’est sur les conseils d’un de mes anciens élèves (et dont j’ai appris il y a peu le parcours contre la maladie) que j’ai décidé de lire Jules-César. Alors, je savais qu’Anne-Dauphine Julliand avait vécu quelque temps au Sénégal. Je me doutais donc qu’elle aurait une grande dextérité à s’imprégner du pays, de sa culture et de son atmosphère. Avec Jules-César, c’est pari tenu, et bien plus encore !


Jules-César est un petit garçon de presque 7 ans qui vit avec sa famille à Ziguinchor, en Casamance, dans le sud du pays. Trois fois par semaine, il se rend au centre hospitalier de la capitale pour ses soins. Et ce, depuis deux ans.


« Pendant les quatre prochaines heures, la grosse machine installée à côté du lit va filtrer son sang, éliminer ses toxines, nettoyer son organisme. Elle va faire le travail que les reins de Jules-César ne font plus. » (P.24)


L’enfant souffre d’une insuffisance rénale terminale. Ses reins ne fonctionnent plus. Il ne peut pas uriner et les toxines sont refoulées dans son sang. Sans dialyse tous les deux jours, il risque de succomber. Sauf que les soins ne suffisent plus. Il a besoin d’une greffe. Et pour ce faire, il doit tenter sa chance en France.


« On ne fait pas de greffe de rein au Sénégal. Ni aucune autre greffe d’ailleurs. Il y a bien un projet de loi sur la transplantation, mais il n’a pas encore été voté. Et quand bien même il le serait, ça serait très difficile à mettre en place. » (P.31)


Avec un visa touristique de neuf jours, il embarque avec son père, Augustin, pour Paris. Sa maman, Suzanne, va accoucher bientôt, elle ne peut pas faire le voyage avec lui. Et elle doit prendre soin du fils ainé, Simon, âgé de 11 ans.


Sur place, le père et le fils sont accueillis chaleureusement par Tata Rosie, la marraine de Jules-César, et qui vit en France depuis trente-cinq ans.


« Augustin reste en retrait. Et en silence. Il regarde l’horizon, sans partager l’enthousiasme de son fils. Dans l’étendue infinie de la ville, il voit un avenir hostile. Et dans chaque monument, une montagne à gravir. « Dans neuf jours. Neuf jours… » Il lui est difficile d’envisager ce qui l’attend au-delà de cette date. […] Pourtant, dans neuf jours, neuf tout petits jours, il va franchir une ligne interdite. Sans possibilité de retour. Il serre les mâchoires aussi fort que ses poings. « Suzanne, je fais ça pour toi. » (P.41)


Commence alors pour Jules-César et Augustin une course poursuite contre la maladie et le temps. Entre clandestinité et démarches administratives auprès de l’hôpital, chacun cherche à trouver sa place dans ce Nouveau Monde si différent et bien souvent austère par rapport au leur. Et puis, doucement, mais sûrement, se créent des liens entre un père et son fils qu’il ne connait pas vraiment. Avec de la chance, Jules-César pourrait avoir un nouveau rein, celui de son père, donneur compatible.


De fuites en avant en départ précipité avorté, de rencontres qui réchauffent le cœur en embuscades policières, de découragement total en espoir retrouvé, Jules-César est un roman empreint d’une immense humanité. Et Anne-Dauphine Julliand nous fait passer par tout le spectre des émotions. C’est le genre d’histoire de vie que l’on oublie pas !


« Il sent son corps la réclamer pour le soulager du liquide qui l’empoisonne. Mais il a entendu les paroles de tata Rosie à Augustin, murmurées dans le salon après le dîner. « Il faut attendre le plus longtemps possible avant d’aller à l’hôpital. Attendre jusqu’à l’urgence vitale. Ainsi, ils ne pourront pas le refuser. En France, on ne refuse pas de soigner un malade, encore moins quand c’est un enfant. » (P.42)


C’est un ouvrage à lire absolument pour comprendre, compatir et réfléchir. C’est un livre, qui, à travers ses personnages, sait poser incontestablement des actes d’amour, malgré tout.


Bravo à l’auteure et belle future lecture à vous.


378 pages / sorti en octobre 2019 aux Éditions Les Arènes


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