POURQUOI IL NE FAUT PAS TUER (TOUT DE SUITE) SON VOISIN - Fanny BERNARD & Laure ALLARD-D'ADESKY

Dernière mise à jour : 22 févr.


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Pourquoi il ne faut pas tuer (tout de suite) son voisin

Où allons-nous ? En France, principalement et au Sénégal


À quelle époque ? Contemporaine


Venez, je vous raconte de quoi il est question :

« Bienvenue au 26, rue des dames », un immeuble résidentiel et paisible, en plein cœur de Paris. Henri Royer voit sa vie d’écrivain, réglée comme du papier à musique, perturbée lorsque sa voisine du dessus décède et qu’une nouvelle locatrice, plus jeune et plus dynamique que la précédente, emménage au-dessus de sa tête. Cette nouvelle habitante du 26, rue des Dames, c’est Sylvie Descartes.


Dès ses premiers jours d’installation, Henri s’adresse à sa nouvelle voisine par le biais de lettres qu’il dépose dans sa boite aux lettres. L’accueil d’Henri n’a rien de chaleureux ni de charmant d’ailleurs. Dès la première missive, il l’assène de réflexions désobligeantes, pensant être le seul à maîtriser la plume.


« Je me plais à vous imaginer devenir danseuse étoile et acquérir ainsi une démarche aérienne, car pour le moment, même perchée sur des hauts talons, vous m’évoquez un pachyderme avec un boulet au pied. » P.10

Mais l’orgueil démesuré d’auteur d’Henri va en prendre un sacré coup, car Sylvie n’est pas le genre de personnalité à se laisser faire. Deux jours plus tard, elle répond à la première lettre de son voisin du dessous, « ce gentil malotru ».


« Mais vous, les hommes, vous voulez une femme délicieusement mise, même en chaussons du troisième âge ! Alors qu’on se doit de tolérer vos ventres protubérants après la quarantaine et vos caleçons troués là où je pense. » P.11

À mon humble avis :

Ce roman débute sous la forme d’échanges épistolaires entre deux voisins qui ne se sont jamais croisés, mais qui, malgré tout, ne se font aucun cadeau. Entre crasses verbales et coups bas, on se retrouve dès le départ plongé dans un univers contemporain digne de La guerre des Roses. Chacun se met à guetter sa boite aux lettres, dans l’attente d’un retour de l’autre.


« Elle lut et relut cette petite phrase. D’un ton jovial. À haute voix. Voilà qui avait dû remettre cet énergumène à sa place. […] Et elle en avait maté de plus coriaces que çà. » P.17

Et puis, de fils en aiguilles, de taquineries coquines jusqu’à des échanges à la limite de la méchanceté, les deux personnages du roman vont finir par être pris à leur propre jeu. Cette mascarade de voisinage, cette espièglerie désorientée fera naître chez eux des sentiments nouveaux et des plus bouleversants.


« Je me permets de vous embrasser, mon cher voisin, car malgré votre méchanceté j’aime vous lire. Vous m’émouvez. Sylvie Descartes. Votre obligée. » P.24

Ce qui fait la différence :

Pourquoi il ne faut pas tuer (tout de suite) son voisin est le genre de roman qui, dès le titre, vous interpelle. Qui n’a jamais eu à subir les frasques d’un voisinage bruyant, envahissant ou moralisateur ? Vivre en société, c’est également affronter les tempéraments bien particuliers et parfois trempés de certaines voisines ou de certains voisins. Et pourtant, la vie se charge parfois de vous faire découvrir une personne sous un autre angle. Et c’est peut-être pour cela qu’il vaut mieux de pas tuer (tout de suite) son voisin. Qui sait ?


« Elle lut. Relut. Fut gênée. Frustrée. Se sentit désarmée. Touchée. Coulée. Elle s’arrêta en particulier sur la partie du drame fondateur dont il parlait. Ce coup du sort qui l’avait totalement transformée. Car il y en avait bien un, en réalité. » P.43

Plus vous avancez dans la lecture de ce roman, plus vous découvrez les vrais tempéraments de Sylvie et d’Henri. Ces deux-là, qui semblaient tellement intouchables de prime abord, dans leurs bulles de protection respectives et imperméables, sont finalement enclins à une profonde sensibilité.


Les plumes souvent aiguisées, des fois incisives, et toujours pertinentes des deux auteures permettent aux lectrices et aux lecteurs de passer un moment mémorable. La petite touche de plus, c’est indéniablement ce voyage inopiné en terre africaine, au pays de la Teranga. La surprise des cheffes !


Bravo aux auteures et belle lecture à vous.


208 pages / mai 2019 / Aux Éditions Harlequin



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