TROISIÈME HUMANITÉ – Bernard WERBER – Roman

Dernière mise à jour : 21 févr.


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Troisième Humanité

Où allons-nous ? En Antarctique, en Afrique, en Europe


À quelle époque ? Contemporaine et intemporelle


Venez, je vous raconte de quoi il est question :


Dans la famille Wells, on est chercheur scientifique de génération en génération. On étudie l’humain et son évolution au fil des siècles. Le roman débute avec Charles Wells, le père du héros (David), parti en expédition en Antarctique avec une assistante et une journaliste. L’équipe fait une découverte spectaculaire en trouvant des squelettes humains de 17 mètres de haut, totalement conservés dans la glace depuis des siècles.


« La bouche de Charles Wells est maintenant agitée de tics nerveux qui expriment une joie mal contenue. Il s’essuie d’un revers de main les poils blancs de sa moustache et de sa barbe.̶ Si c’est bien ce que je pense, nous tenons enfin la preuve qu’il existait, en des temps lointains sur cette planète, une autre espèce humaine aux dimensions titanesques. » (P.26)

David Wells, 27 ans, présente sa thèse à la Sorbonne et candidate à un concours sur l’évolution. Chercheur-biologiste, il est persuadé que l’espèce humaine tend à rapetisser. Il tente de remporter une bourse pour partir sur le terrain, étudier les pygmées en RDC.


« ̶ C’est cela, votre sujet ? questionne la femme au chignon. Vous voulez « rapetisser le monde » ? ̶ Pour mon mémoire, je souhaite réaliser un reportage en Afrique, plus précisément en République démocratique du Congo, sur les traces des derniers pygmées. Ceux-ci sont considérés comme arriérés sous prétexte qu’ils sont les descendants de l’espèce humaine la plus ancienne connue à ce jour. Or, j’ai trouvé une étude qui montre qu’ils ont développé des résistances inexpliquées aux piqûres de moustiques, responsables de la transmission de la dengue et du chikungunya. » (P.55)

Aurore Kammerer, la trentaine, est également chercheuse. Elle candidate pour être subventionnée et souhaite se rentre en Turquie pour étudier les dernières tribus d’Amazones. Elle veut analyser leur sang et étudier leur métabolisme.


« Je viens de la faculté de médecine de Toulouse et ma spécialité est l’endocrinologie. […] Grâce au miel, mais aussi à la gelée royale de la reine des abeilles et à la propolis, ces femmes sont parvenues à élaborer une pharmacopée originale qui semble très efficace, car elles ont un taux de maladie bien au-dessous de la moyenne. Elles ont, en outre, des hormones différentes des nôtres, comme si elles étaient mutantes. » (P.53-54)

À mon humble avis :


Je vous ai raconté, de manière très synthétisée, ce qui se passe au début de ce roman, mais nous sommes loin du compte et cette chronique pourrait facilement dépasser les 10 000 mots si je rentrais un peu plus dans les détails. En sachant, qui plus est, qu’il s’agit d’une trilogie : « Troisième humanité », « Les micro-humains », et enfin le dernier tome, « La voix de la Terre ». Il y a cependant un autre personnage principal dans le livre : c’est la Terre ! L’auteur lui donne la parole sous la forme d’une réflexion fortement intéressante au sujet d’elle-même et des parasites qui l’occupent depuis des milliers d’années, à savoir : nous, les humains.


« Les humains peuvent-ils évoluer ? Parfois ils m’inquiètent. Dois-je les aider ou les laisser livrés à leur sort ? Je ne peux pourtant les abandonner, car j’ai un grand projet pour eux. Pour cette mission précise, il faudra que j’en choisisse quelques-uns, parmi les plus imaginatifs et les moins craintifs. Un ou deux, pas plus en général cela suffit pour entraîner les autres. Mais comment les trouver ? Ils sont tellement nombreux. Et puis, si je tombe sur des maladroits… Je connais leur capacité de nuisance. Rien que ce matin, des inconscients ont fait exploser une de leurs bombes atomiques expérimentales sous ma peau ! » (P.15)

Avec l’auteur, on parlera donc évolution de l’humanité, écologie, croyances, biologie et j’en passe. Mais, pour être sincère, j’avoue avoir trouvé certains passages trop longs. Certains passages manquent de pertinence par rapport au récit global.


Le fait de retrouver ici les citations de « l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu d’Edmond Wells » (Edmond Wells étant le grand-père de David Wells), nous donne la possibilité de nous cultiver et de revoir nos classiques. Cependant, je pense que l’ouvrage aurait gagné à être un peu plus court.


En toute honnêteté, je ne pense pas lire les tomes 2 et 3 du « Cycle troisième Humanité » de Bernard Werber. Autant, j’ai beaucoup aimé « La boite de Pandore » ou encore « L’empire des anges », que j’ai également chroniqués, autant, je m’arrêterai là pour ce volet.


Ce qui fait la différence :


Se mettre en tête de créer des micros-humains qui pourraient sauver l’humanité en polluant moins l’environnement, c’est un concept trop peu déontologique à mes yeux, même si ces derniers permettraient de réduire considérablement notre impact sur l’écologie. On voit parfois passer dans la presse et sur le Net des articles directement ou indirectement liés au sujet. Et pour ne citer qu’elle, la loi bioéthique fait couler beaucoup d’encre en ce moment. J’avoue que je ne suis pas à l’aise avec le concept. Créer ou modifier un être vivant en laboratoire ne me semble pas être une bonne chose, à court ou long terme. Cependant, les lectrices et lecteurs adeptes des romans de science-fiction et scénario de fin du monde y trouveront leur compte !


« David couche la nouveau-née sur le flanc, dans une position confortable, afin qu’elle puisse respirer plus aisément et se débarrasser du liquide qui obstrue encore ses bronches. » (P.386)

En effet, le roman prend une tournure assez surprenante à la 397ème page lorsqu’une pandémie mondiale (si si, je ne rigole pas !) s’abat sur la Terre : « la grippe égyptienne ».


« En quelques heures, 5837 personnes ont été infectées. Il n’y a toujours pas la moindre réaction des autorités sanitaires. Lorsqu’un avion chute de manière inexpliquée en Indonésie et que la boîte noire révèle que tout l’équipage était malade, l’information se perd dans les méandres administratifs et aucune enquête n’en découle. » (P.440)

Bernard Weber a écrit ce roman il y a six ans. Heureusement qu’il est écrivain et pas prophète !


Belle lecture à vous !


696 pages / juin 2014 / Le livre de poche – Editions Albin Michel


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