LA VIE QUI M'ATTENDAIT - Julien SANDREL -Roman

Dernière mise à jour : 9 mars


la vie qui m attendait julien sandrel
La vie qui m'attendait

Où allons-nous ? En France, entre Paris, Avignon et Marseille


À quelle époque ? Contemporaine


Venez, je vous raconte :


Romane, trente-neuf ans, vieille avant l’âge et médecin généraliste à Paris, a peur de tout et de tout le monde. Elle évolue dans un périmètre très restreint, ne voyage pas, ne conduit pas et vient à peine de s’installer seule, dans son propre appartement, après avoir passé presque toute sa vie au côté de son père veuf depuis qu’elle a un an. Elle se sent « vieille, seule, hypocondriaque, ridicule ».


Un beau matin caniculaire du mois de juillet, Mme Lebrun, soixante-dix ans, une de ses patientes de longue date et connaissance de la famille, débarque à son cabinet et lui dit : « Ma petite Romane, il faut que nous discutions, toutes les deux. » La sexagénaire lui explique que le weekend dernier elle s’est rendue à Marseille pour rendre visite à sa sœur, hospitalisée à l’hôpital Nord, pour une fracture du col du fémur. Et là, de but en blanc, Mme Lebrun annonce à Romane qu’elle l’a vu là-bas, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer dans le cabinet du chef de service de pneumologie du centre hospitalier ! « Tu étais déguisée. Tu avais mis une perruque rousse et une robe un peu décolletée à mon goût… »


Le hic, c’est que Romane ne voyage jamais, elle a bien trop peur du monde qui l’entoure pour ce genre d’extravagance. Bouleversée par les propos de sa patiente, elle décide de prendre son courage à deux mains et se rend le lendemain même dans la capitale phocéenne. Déterminée à tirer cette histoire rocambolesque de sosie au clair, elle s’installe dans la salle d’attente du service de pneumologie de l’hôpital, dans l’espoir d’apercevoir la rouquine qui lui ressemble tant. Mais, à peine arrivée, la secrétaire médicale lui fait signe d’approcher du comptoir : « Vous tombez bien, je pensais que vous étiez déjà loin. Vous avez oublié votre carte Vitale, après votre rendez-vous de ce matin. Tenez. » Son sosie se nomme Juliette Delgrange. Elle est née à Paris en janvier 1976, comme Romane. Elle est libraire et habite Avignon. Via Facebook, elle trouve la photo de Juliette et doit se résoudre à l’évidence : elles ont le même visage !


Intriguée, bouleversée, piquée au vif dans sa curiosité et nourrissant l’espoir d’avoir une sœur jumelle dont elle a toujours ignoré l’existence, Romane part pour le Vaucluse, à la rencontre de son autre-elle et de la vie qui l’attendait.


À mon humble avis :


Ce deuxième roman de Julien Sandrel est une pure pépite à lire absolument. Le style d’écriture est vif, incisif, brillant, humain et très moderne. On s’attache rapidement à Romane, petite chrysalide de trente-neuf ans qui n’a pas encore commencé à vivre et à Juliette, cette belle jeune-femme pétillante qui incarne à elle-seule la définition du mot « vie ».


Sur leurs chemins de vie, on rencontre Désiré, le beau guadeloupéen humoriste et non voyant, mais tellement perspicace qu’au final, on réalise vite que ce n’est pas lui le plus aveugle dans cette histoire.


Il y a aussi Marie, la petit fille rose de cinq ans de Juliette, qui déborde de vie et d’amour et dont le passe-temps favori est d’imiter sa Youtubeuse préférée, MélanieMélodie. « Il faut s’habiller en rose et manger du rose toute la semaine. […] Tu vas m’aider, maman, hein ? »

On tombe tout de suite sous le charme de Paola, la maman de Juliette aux origines italiennes et « haute en couleur ». Excellente cuisinière, mamie gâteuse, mère un peu envahissante sur les bords mais surtout éperdument dévouée au bonheur de sa fille qu’elle appelle tendrement sa « bélette », avec son irrésistible accent méditerranéen.


Madame Racine, que Romane prendra au départ pour une vieille chipeuse et qui revient dans la librairie tous les jours à la même heure, marquera également les esprits.


Mais le personnage le plus énigmatique du roman reste incontestablement Joseph, le père de Romane. Joseph a consacré toute sa vie à sa fille. Il l’a élevé seul, après la mort accidentelle de sa femme, Marie. Il a concentré sur elle « tous ses espoirs, toute son attention, tout son amour », jusqu’à l’étouffer.


Ce qui fait la différence :


Même si on comprend rapidement que Romane et Juliette ont plus qu’un visage en commun, le roman et ses intrigues sont menés jusqu’à la dernière page d’une main de maître. L’auteur nous embarque dans une aventure humaine à bout de souffle. Et une fois que vous serez arrivé(e) au moment de la rencontre entre les deux femmes (p.55), je vous assure que vous ne pourrez plus lâcher ce roman (jusqu’à la nuit blanche, comme cela a été le cas pour moi ! Je devais le terminer, impossible de fermer l’œil avant.).


« Je sursaute. Elle est là. Debout, devant moi. Elle me regarde. Immobile. […] Son regard… il y a tout dans son regard. La peur, la surprise, l’incrédulité, la mort, la vie. »

Les sentiments dégagés sont vifs et profonds : amour, mensonges, trahison, amitié, vie, mort. Tout y est. Rien ne manque. Et c’est bien ce qui rend ce roman irrésistible car une chose est certaine, avec Julien Sandrel, vous allez vivre les montagnes russes du psychologique et de l’émotionnel.


« Mentir, de nouveau. Mentir, encore et toujours. Ma vie n’est finalement que mensonge. Mais elle est ma vie. »

Ce livre est véritablement, comme l’indique sa dernière de couverture, « un étonnant voyage entre rires et douleurs ».


Bravo à l’auteur et belle lecture à vous !


318 pages / mars 2019 / Aux Editions Calmann Levy


Retrouvez également sur le site le dernier roman de Julien Sandrel, publié en mars 2022: Merci, Grazie, Thank You


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