LE MEILLEUR DES MONDES – Aldous HUXLEY – Dystopie

Dernière mise à jour : 24 févr.


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Le meilleur des Mondes

Où allons-nous ? À Londres principalement et au Nouveau-Mexique


À quelle époque ? À une époque futuriste, en « l’an 632 de Notre Ford »


Venez, je vous raconte de quoi il est question :


Dans cette société imaginaire, les femmes ne donnent plus naissance aux bébés. Tous les enfants viennent au monde grâce à la science. Ils sont issus d’embryons génétiquement modifiés aussi bien au niveau de leur future apparence physique, leurs futurs aptitudes et comportements. C’est un système bien rodé de castes et sous-castes qui est instauré. Les membres des castes dites inférieures sont produits à la chaîne, comme dans un atelier d’usine taylorisé. Ils sont appelés « Delta » et « Epsilon ». Ce sont des clones, par centaines de milliers. Les castes supérieures, quant à elles, les « Alpha » et les « Bêta », sont les élites dirigeantes et les travailleurs réfléchis.


Dès l’enfance, le conditionnement passe par une méthode « hypnopédique » : ce conditionnement social et psychologique se fait durant le sommeil, à grands coups de matraquage de bandes-son.


Mais ce n’est pas tout ! Pour garantir le maintien de l’ordre et de la stabilité, le gouvernement encourage la consommation à outrance d’une pilule magique : le soma, qui n’est autre qu’une drogue distribuée gratuitement après la journée de travail à l’ensemble de la population, toutes castes confondues. Un paradis artificiel idyllique. Notons également que les gens ne vieillissent plus, en apparence, du moins.


« Nous les préservons des maladies. Nous maintenons artificiellement leurs sécrétions internes au niveau d’équilibre de la jeunesse. Nous ne laissons pas tomber leur teneur en magnésium et en calcium au-dessus de ce qu’elle était à trente ans. Nous leur faisons des transfusions de sang jeune. Nous maintenons leur métabolisme stimulé en permanence. […] La plupart d’entre eux meurent bien avant d’avoir atteint l’âge de ce vieillard. La jeunesse à peu près intacte jusqu’à soixante ans, et puis, crac ! la fin.» (P.147)


Parlons maintenant d’un des deux personnages principaux du roman : Bernard Marx, un « Alpha », mais dont le physique et les pensées secrètes dénotent avec sa caste. Psychologue de profession, il n’aime pas prendre de soma et ne supporte pas la manière dont les femmes se comportent, exhibant leurs formes à tout va, comme de vulgaires « bouts de viande », « comme du mouton ». Dans ce monde « meilleur », on encourage les hommes et les femmes à avoir un maximum de partenaires sexuels et à en changer très régulièrement. On ne cherche pas à fonder une famille, mais à prendre du plaisir.


De par son travail, Bernard se débrouille pour obtenir une autorisation spéciale afin de se rendre dans une « réserve de Sauvages » au Nouveau-Mexique, pour y observer leurs us et coutumes. Il emmène avec lui sa petite amie du moment, Lenina Crown, une jeune femme « Bêta », très belle et très insouciante qui adore consommer du soma et multiplier les partenaires sexuels. Une fois arrivé dans la réserve, quelle n’est pas la surprise de Bernard en y découvrant une femme, Linda et son fils unique, John. Linda vient du même monde que Bernard et Lenina. John est né dans cette réserve. Bernard se débrouille alors pour ramener la mère et le fils à Londres, dans « l’État Mondial ».


À mon humble avis :


« Le meilleur des mondes » figure à la cinquième place des cent meilleurs romans de la langue anglaise du XXème siècle. Écrit en quatre mois durant l’année 1931, et publié l’année suivante, il est, avec « Retour au meilleur des mondes », le roman le plus connu de l’auteur britannique.


J’ai voulu lire ce roman pour pouvoir le comparer à celui de George Orwell, « 1984 », publié quelques années plus tard. Honnêtement, je n’ai pas apprécié « Le meilleur des mondes », et ce, pour deux raisons : l’ambiance y est très sombre, les personnes sont droguées du matin au soir au soma, et il y règne une atmosphère de sexualité dépravée omniprésente, et ce, même auprès du public enfant. Cet aspect du roman m’a dérangé. L’auteur semble en avoir fait son fonds de commerce dans « Le meilleur des mondes ». Est-ce pour cela que le roman a eu autant de succès ? Sexe et drogue, le duo gagnant ? Allez savoir…


Ce qui fait la différence :


Il faut cependant rendre à César ce qui lui appartient, à savoir le côté novateur de Huxley. N’oublions pas qu’il publie son roman en 1932, une époque où la science est loin d’être aussi avancée qu’aujourd’hui, où les valeurs catholiques du schéma familial sont sacrées et où l’on n’imagine pas encore que la procréation médicalement assistée existera pour de bon un jour prochain.


L’autre aspect intéressant du roman, ce sont les questionnements qu’il suscite durant la lecture. L’auteur nous immerge dans une société dans laquelle les gouvernants ont fait un choix entre le bonheur et la stabilité. Ils ont opté pour la seconde. Mustapha Menier, l’Administrateur de Londres, l’explique ainsi vers la fin du roman :


« Notre monde n’est pas le même que celui d’Othello. On ne peut pas faire de tacots sans acier, et l’on ne peut pas faire de tragédies sans instabilité sociale. Le monde est stable, à présent. Les gens sont heureux : ils obtiennent ce qu’ils veulent, et ils ne veulent jamais ce qu’ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l’aise ; ils sont en sécurité ; ils ne sont jamais malades ; ils n’ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance de la passion et de la vieillesse ; ils ne sont encombrés de nuls pères ni mères ; ils n’ont pas d’épouses, pas d’enfants, pas d’amants, au sujet desquels ils pourraient éprouver des émotions violentes ; ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, il ne peuvent s’empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le soma – que vous flanquez froidement par la fenêtre au nom de la liberté, monsieur le Sauvage. » (P.272- P.273)


Vous pouvez également vous laisser tenter par la dernière adaptation TV de ce roman en regardant la vidéo de présentation: "Le meilleur des mondes" (octobre 2020 - série).

320 pages / Août 2017 / chez Pocket

Retrouvez également les chroniques d'autres dystopies sur le site: 1984, Nous (Autres).


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